Contemporanea
Jaargang XXXIX Jaar 2017 Nummer 1

Review

Faire l’histoire du renseignement militaire de la Première Guerre mondiale : les territoires occupés comme enjeu stratégique

Élise Rezsöhazy, UCL/F.R.S-FNRS

Si le monde mystérieux et fantasmagorique de l’espionnage n’a jamais manqué d’attirer les romanciers, les scénaristes mais également les historiens1, l’histoire du renseignement militaire pendant la Première Guerre mondiale est encore un champ largement en friche. Remarquons toutefois que les figures, les affaires et les institutions ayant fait l’objet du plus grand nombre d’études restent celles qui ont le plus marqué les imaginaires et les esprits2.

Des obstacles à surpasser

Certains obstacles ont pu rebuter ceux qui ont voulu se pencher sur ce que fut le renseignement pendant la Première Guerre mondiale, de prime abord moins affriolant. La première difficulté à dépasser est justmaginaires collectifs3. L’espion est en effet entouré de stéréotypes, positifs ou négatifs selon les époques, et de fantasement celle des imes dont la déconstruction nécessaire pour approcher la réalité demeure difficile tant les sources sont empreintes des représentations de leur temps. Ainsi, à la veille de la Première Guerre mondiale4, l’espion reste un individu immoral connoté négativement mais qui, s’il défend une cause noble, peut se défaire de cette représentation négative. Cette figure de l’espion a été abordée de façon innovante et multidisciplinaire par Alain Dewerpe, qui nous propose une anthropologie historique du secret d’État contemporain5.

L’historien du renseignement de la Première Guerre mondiale souffre également d’un accès difficile aux sources, et ce pour plusieurs raisons. La première, et peut-être la plus évidente, est la destruction massive de nombreux fonds, par les organes de renseignement eux-mêmes ou lors d’incendies et bombardements6. Par ailleurs, l’état encore embryonnaire des organes de renseignement à la veille du premier conflit ne les a pas amenés à organiser une conservation systématique et rationnelle des documents produits. Les évolutions nombreuses qui ont suivi le conflit n’ont pas amélioré les conditions de conservation des archives et ont pu même conduire à des pertes7. L’historien du renseignement se doit donc d’être créatif pour contourner les problèmes liés au manque de sources ; outre poser les bonnes questions aux documents, il doit se poser les questions qui lui permettront de constituer un corpus pertinent à travers les différents fonds d’archives.

Par ailleurs, si le renseignement de la Première Guerre mondiale a si peu été abordé, c’est également parce que la Seconde Guerre mondiale y a étendu son ombre. Comme pour d’autres champs de recherche, tel que l’occupation, l’histoire s’est intéressée plus tardivement, et dans un second temps, à la Première Guerre mondiale, conduisant de surcroit au défaut de lire les événements du premier conflit à la lumière de ceux du second, alors que la démarche inverse aurait assurément plus de sens. En Allemagne en particulier, au lendemain de 1945, l’histoire militaire, à laquelle l’histoire du renseignement militaire est naturellement associée, n’a pas bonne presse. Il faut attendre plusieurs décennies pour que les historiens se penchent de manière innovante sur cette réalité8.

Une guerre de l’ombre en territoires occupés

Présenter un aperçu global de l’état de l’art de l’histoire du renseignement pendant la Première Guerre mondiale nous occuperait pendant de trop longues pages, d’autant que Daniel Larsen s’est prêté à l’exercice en 20149, en omettant toutefois les historiographies nationales dont il ne maîtrisait pas la langue, comme celle des Pays-Bas. Nous prendrons donc aujourd’hui une perspective plus réduite que celle de Daniel Larsen, mais plus large que celle de notre propre thématique de recherche10 : celle du renseignement en territoires occupés du front ouest. Ces territoires, qui recouvrent le nord de la France et la plus grande majorité de la Belgique, sont en effet un enjeu majeur tant pour les Alliés que pour l’Allemagne puisque civils belges et français y côtoient l’armée allemande. Il s’agit pour les deux camps à la fois de prendre connaissance des activités de l’autre et de protéger les informations concernant les siennes, grâce à leurs réseaux d’espionnage pour les premiers et à leur police secrète pour les seconds. L’étude du contexte global d’occupation en Belgique et dans le Nord de la France connait depuis une vingtaine d’année un réel renouveau, alors qu’elle était restée jusque-là dans l’ombre d’une histoire stratégico-militaire du conflit. Nombre d’études localisées11 ont ainsi été menées parallèlement à d’autres plus globales12, permettant désormais de bénéficier d’un aperçu, si pas exhaustif, au moins satisfaisant, de la réalité à laquelle des millions de personnes ont été confrontées. Dépassant une approche uniquement nationale, James Connolly, au King’s College London¬¬, a mené ses recherches doctorales sur l’occupation du Nord de la France13, mêlant ainsi la perspective française à une approche britannique. Un manque historiographique important demeure pourtant ; une approche allemande de cette première occupation. Larissa Wegner, à l’Universität Freiburg, tente de combler ce vide dans sa thèse en cours consacrée également à l’occupation allemande du Nord de la France14. L’édition récente de nombreux journaux intimes d’occupés participe également à une meilleure connaissance de ce contexte et à une approche plus personnelle du vécu des civils.

Les camps en présence : les Alliés

Aucun portrait global n’a été dressé de ce qu’est le renseignement militaire allié durant la Première Guerre mondiale15. Alors qu’un bureau interallié voit le jour en novembre 1914 à Folkestone, il faut se tourner du côté des historiographies nationales pour appréhender l’organisation du renseignement belge, français et anglais qui déploie des réseaux, appelés alors services, en territoires occupés, chargés d’espionner l’armée allemande. Par ailleurs, peu d’études des organes de renseignement en guerre ont été réalisées, nous poussant à considérer des études brassant une période plus large, et manquant dès lors de finesse d’analyse. Du côté français, c’est du Service de Renseignements de l’État-Major, c’est-à-dire du 2e bureau du Grand Quartier Général, que dépendent les réseaux16. Du côté belge, la Deuxième Section du Grand Quartier Général se charge de cette mission. Une étude récente s’est penchée sur l’histoire du renseignement militaire belge, consacrant deux chapitres à ce que fut le renseignement belge durant la Grande Guerre17. C’est sans doute du côté anglais que l’aperçu est le plus satisfaisant, bien qu’il soit loin d’être complet et qu’il n’aborde en réalité que très peu les services de renseignement établis, à partir des Pays-Bas, en Belgique et dans le Nord de la France occupés. Le renseignement britannique est géré principalement par trois organisations, dont deux émanent du Quartier Général et une dernière du ministère de la guerre, le War Office. Ces études restent cependant bien plus larges que le sujet exploré ici18.

Pour ce qui est de la résistance et de ses réseaux, citons Jan Van der Fraenen19, qui s’intéresse aux résistants exécutés par les Allemands à Gand. Bien qu’il n’utilise que des sources belges, il a cependant pu approcher l’appareil de contre-espionnage allemand, sans en présenter un aperçu complet, l’étude restant centrée sur les acteurs de la résistance alliée. Emmanuel Debruyne et Laurence van Ypersele proposent une première synthèse consacrée aux réseaux de résistance, aux résistants et à leur mémoire dans l’après-guerre20. Analysant un autre type d’action clandestine – le passage de soldats et de recrues –, Emmanuel Debruyne consacre un ouvrage au réseau d’Edith Cavell21, s’intéressant à cette occasion également à l’autre versant de la guerre secrète, la police secrète allemande. Mais une nouvelle fois, l’objet de l’étude n’étant pas le contre-espionnage allemand, le portrait de celui-ci n’est que partiellement dressé. La figure de Gabrielle Petit, espionne belge fusillée par les Allemands, est quant à elle décrite par Sophie de Schaepdrijver22, approchant tant l’espionne qu’elle fut et l’action clandestine qu’elle mena, que la mémoire qui se construisit après le conflit. Chantal Antier s’est prêtée à l’exercice, en 2013, pour Louise de Bettignies, résistante française23. Quelques études de cas consacrées particulièrement à l’un ou l’autre réseau ont également été réalisées dans le cadre de mémoires de master24. Par ailleurs, plusieurs articles et ouvrages s’attachent à aborder la question de l’espionnage sous l’angle du genre25. Pour étudier la question du renseignement sur le territoire belge, les archives de la Commission des Archives des Services patriotiques, qui se trouvent aux Archives générales du Royaume, offrent plus de 30 mètres linéaires de dossiers constitués par les résistants eux-mêmes après la guerre26.

Gabrielle Petit, résistante belge pour le bureau Wallinger du GHQ anglais. Couverture de l’Événement illustré du 7 juin 1919

Les camps en présence : les Allemands

Du côté du contre-espionnage allemand, aucune étude n’a encore été réalisée, mais constitue l’objet même de notre thèse. Si quelques études récentes se penchent sur les moyens de renseignement offensif et défensif développés en Allemagne sous l’empereur Guillaume II, elles concernent en réalité essentiellement le territoire allemand ou celui des ennemis déclarés de l’empire, sans s’intéresser aux territoires sous contrôle militaire allemand durant le premier conflit mondial. Elles ont cependant le mérite d’offrir un cadre d’analyse à nos recherches. Ainsi, en 2005, un numéro spécial du Journal of Intelligence History est consacré au renseignement militaire allemand durant la Grande Guerre27. Markus Pölhmann y traite du renseignement allemand en guerre28 tandis que Florian Altenhöner étudie le renseignement militaire visant les populations civiles allemandes29 et que Robert Foley y décrit les tentatives de renseignement dirigées contre la France30. Les sources utilisées dans ces études se trouvent, entre autres, dans les Bundesarchiv-Militärarchiv à Freiburg. S’y retrouve en particulier un rapport en 14 volumes du Generalmajor Gempp, sur les services d’espionnage allemand à la veille et pendant la Grande Guerre. Les papiers du colonel Nicolai qui dirigea la section de renseignement de l’armée allemande durant le conflit, et conservés à Moscou, mais aussi les livres qu’il a écrits après la guerre, constituent également des sources incontournables31. Jürgen Schmidt propose également, en 2006, un aperçu des services secrets allemand à la veille de la Première Guerre32. Plus spécifiques, citons le travail de Thomas Boghardt sur l’espionnage allemand en Grande-Bretagne33 ainsi que les quelques études consacrées à Fraulein Doktor, qui dirige, à Anvers, l’école d’espionnage allemand34, qui s’éloignent toutefois du thème évoqué dans cet article. Bien que les agents et policiers allemands n’aient pas été étudiés, à l’exception de deux articles35, la répression des agents belges et français ayant collaboré au contre-espionnage allemand a, de son côté, fait l’objet de plusieurs études, en particulier par Xavier Rousseaux36.

Oberstleutnant Walter Nicolai, chef de l’Abteilung IIIb allemand

De l’autre côté du fil : les Pays-Bas

Mais les combats qui se jouent en territoires occupés trouvent leur prolongement dans les territoires neutres, en particulier aux Pays-Bas, où des antennes tant des services alliés que du contre-espionnage – mais également de l’espionnage – allemands sont installées. Véritables plaques tournantes du renseignement, des villes telles que Rotterdam ou Maastricht jouent un rôle clef dans la guerre de l’ombre. Aucune étude ne s’est précisément penchée sur la présence des services alliés aux Pays-Bas, pas plus que sur les antennes du contre-espionnage allemand37, mais quelques publications dressent un portrait plus large de la place et du rôle des Pays-Bas sur la scène internationale du renseignement, où ces questions sont abordées, de manière peu précise cependant38.

Une histoire entre civil et militaire

De manière générale, les Britanniques se sont montrés plus productifs en matière de recherches sur le renseignement que les Belges, les Néerlandais ou les Français, poussant également plus loin la réflexion épistémologique à ce sujet. L’histoire du renseignement militaire durant la Première Guerre mondiale peine toutefois à se développer, face aux problèmes d’accès aux sources et aux stéréotypes qu’il faut dépasser. Signalons cependant l’existence du volume récent de la revue Intelligence and National Security consacré exceptionnellement à ce sujet39. Du côté francophone, les études du renseignement ont mis plus de temps à trouver leur place40. Cependant, le sujet étudié ici – c’est-à-dire le renseignement mené au cœur des régions occupées –, a suscité davantage d’intérêt du côté des historiens belges et français, pour des raisons évidentes d’accès aux sources et d’affinité avec les territoires concernés. S’intéresser au renseignement durant la Première Guerre mondiale, c’est prendre la mesure de l’ampleur de la totalisation du conflit qui affecte toutes les facettes de la société. Constitués en réel Home Front, les civils des territoires occupés deviennent des acteurs du conflit ; le renseignement militaire n’est désormais plus uniquement l’affaire de l’État-major. De cette manière, la guerre de l’ombre et les combats livrés par et pour l’accès au renseignement en territoires occupés, témoignent de la dimension nouvelle que prend le conflit, indéniablement civile et militaire à la fois. À cet égard, ces recherches s’inscrivent pleinement dans la New Military History puisqu’elles poussent à questionner le croisement entre la sphère civile et la sphère militaire ainsi que l’atténuation de la frontière qui jusqu’alors les séparait, à la fois sur le plan historiographique que dans les faits41. Par ailleurs, les organes de renseignement, jusque-là très peu développés, vont devenir une réelle arme dans une guerre de position où les forces en jeu dans chaque camp sont équivalentes. Les remaniements permanents de ces organismes témoignent de l’importance, pour les États-majors, de rendre le renseignement efficace. Il reste cependant difficile d’évaluer les conséquences réelles de cette guerre de l’ombre sur le déroulement des opérations.

- Élise Rezsöhazy

Referenties

  1. Pour une perspective historique des fictions d’espionnage, voir le numéro spécial de la revue Intelligence and National Security, 5 :4 « Spy Fiction, Spy Films and Real Intelligence » (1990).
  2. Pour rester dans la période qui nous intéresse, citons par exemple d’affaire Dreyfus, ou l’affaire du télégramme Zimmerman, l’affaire Redl, Mata Hari ou encore l’Okhrana et, plus tard, la Gestapo. Pour les périodes antérieures, citons sir Francis Walsingham ou encore la figure ambiguë du Chevalier d’Éon, et à la fin du 18e siècle, celle d’Eugène-François Vidocq.
  3. C’est le cas en particulier pour les quelques exemples donnés à la note précédente. Ces imaginaires collectifs constituent en eux-mêmes un sujet d’étude historique.
  4. Voir en particulier Hiley, Nicholas, ‘Decoding German spies: British spy fiction 1908–18’, in: Intelligence and National Security, 5:4 « Spy Fiction, Spy Films and Real Intelligence» (1990): 55-79.
  5. Dewerpe, Alain, Une anthropologie historique du secret d’État contemporain (Paris: Gallimard, 1994).
  6. Comme celui, en mars 1945, des archives militaires conservées à Potsdam.
  7. Laurent, Sébastien, ‘Faire l’histoire du renseignement’, in: Laurent, Sébastien (ed.), Archives « secrètes », secrets d’archives ? Historiens et archivistes face aux archives sensibles (Paris: CNRS éditions, 2003), pp. 211-220.
  8. Pöhlmann, Markus, ‘Towards a New History of German Military Intelligence in the Era of the Great War: Approaches and Sources’, in: Journal of Intelligence History, 5 :2 (2005): ii.
  9. Larsen, Daniel, ‘Intelligence in the First World War: the State of the Field’, in: Intelligence and National Security, 29:2 (2014): 282-302.
  10. C’est-à-dire, le contre-espionnage allemand sur le front ouest durant la Première Guerre mondiale.
  11. Comme par exemple Salson, Philippe, L’Aisne occupée. Les civils dans la Grande Guerre (Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2015) ; ou encore Niebes, Pierre-Jean, 14-18. La Grande Guerre à Mons et dans sa région (Waterloo: Avant-Propos, 2015).
  12. Le travail d’Annette Becker est ainsi précurseur en la matière. Sensible aux « oubliés de la Grande Guerre », elle publie en 1998, Becker, Annette, Les oubliés de la Grande Guerre. Humanitaire et cultures de guerre (Paris: Noêsis, 1998) et en 2010, Becker, Annette, Les cicatrices rouges. 14-18. France et Belgique occupées (Paris: Fayard, 2010). Sophie De Schaepdrijver s’est quant à elle intéressée à la Belgique dans le Première Guerre mondiale, en accordant une place essentielle au vécu des occupés De Schaepdrijver, Sophie, La Belgique et la Première Guerre mondiale (Bruxelles: Archives et Musée de la Littérature, 2004). Pour la France, Philippe Nivet a également fait l’exercice plus récemment d’offrir un panorama complet de ce que fut l’occupation : Nivet, Philippe, La France occupée. 1914-1918 (Paris: Armand Colin, 2011).
  13. Sa thèse intitulée « Encountering Germans: the Experience of Occupation in the Nord, 1914-1918 » sera publiée prochainement.
  14. Le titre provisoire de thèse est le suivant Deutsche Kriegsbesetzung in Nordfrankreich 1914-1918. (in http://herbert.geschichte.uni-freiburg.de/mitarbeiter/wegner_larissa, page consultée le 8 mars 2017).
  15. Pour le front, citons Finnegan, Terrance, ‘The Origins of Modern Intelligence, Surveillance, and Reconnaissance: Military Intelligence at the Front, 1914–18’, in: Studies in Intelligence, 53 :4 (2009): 25-40.
  16. Il faut citer ici la thèse de doctorat réalisée par Olivier Lahaie, « Renseignement et services de renseignements en France pendant la Grande Guerre ; évolutions et adaptations (1914-1918) », réalisée sous la direction du professeur Georges-Henri Soutou à Paris IV, ou encore son article « Les interrogatoires de prisonniers allemands par les services de renseignements français (1914-1918) », in: Guerres mondiales et conflits contemporains: 253:1 (2014): 5-25, qui dépasse cependant notre cadre géographique. Quelques études dressent un portrait plus large du renseignement français à la fin du 19e siècle : Laurent, Sébastien, ‘La naissance du renseignement étatique en France au XIXe siècle, entre bureaucratie et politique’, in: Revue d’histoire du 19e siècle, 35:2 (2007): 109-124 ; Laurent, Sébastien, Politiques de l’ombre. État, renseignement et surveillance en France (Paris: Fayard, 2009).
  17. Cools, Marc, e.a., 1915-2015. L’Histoire du service de renseignement militaire et de sécurité belge (Anvers: Maklu, 2015). Et en particulier, les chapitres d’Emmanuel Debruyne « ‘Maître chez soi’ ? La Deuxième Section et le renseignement militaire en Belgique occupée, 1914-1918 » et de Mélanie Bost « Une nouvelle venue dans le paysage militaire et judiciaire belge : la sûreté militaire, produit de la Première Guerre mondiale » ; et sur la Sûreté de l’État : Lasoen, Kenneth, ‘185 Years of Belgian Security Service’, in: Journal of Intelligence History, 15:2 (2016): 96-118 ; ainsi que Cools, Marc, e.a., La Sûreté. Essais sur les 175 ans de la Sûreté de l’État (Bruxelles: Politeia, 2005).
  18. Keith, Jeffery, MI6: The History of the Secret Intelligence Service 1909–1949 (Londres: Bloomsbury, 2010) ; Andrew, Christopher, The Defence of the Realm: The Authorized History of MI5 (Londres: Allen Lane, 2009) ; ou encore Smith, Michael, Six: A History of Britain’s Secret Intelligence Service. Part 1, Murder and Mayhem 1909–1939 (Londres: Dialogue, 2010) pour des aperçus globaux. Concernant Mansfield Cumming, à la tête du Secret Service du War Office, Judd, Alan, The Quest for C: Mansfield Cumming and the Founding of the Secret Service (Londres: Harper Collins, 1999). Citons également l’ouvrage de Beach, Jim, Haig’s Intelligence: GHQ and the German Army. 1916-1918 (Cambridge: Cambridge University Press, 2013) ; ainsi que son article Beach, Jim, ‘De l’art de la reconnaissance au Livre Jaune : le renseignement militaire britannique, 1902-1915’, in: Guerres mondiales et conflits contemporains, 232 (2008): 105-127.
  19. Van der Fraenen, Jan, Voor den kop geschoten. Executies van Belgische spionnen door de Duitse bezetter (1914-1918) (Roeselare: Roularta Books, 2009).
  20. van Ypersele, Laurence et Debruyne, Emmanuel, De la guerre de l’ombre aux ombres de la guerre. L’espionnage en Belgique durant la guerre 1914-1918. Histoire et mémoire (Bruxelles: Labor, 2004).
  21. Debruyne, Emmanuel, Le réseau Edith Cavell. Des femmes et des hommes en résistance (Bruxelles: Racine, 2015).
  22. De Schaepdrijver, Sophie, Gabrielle Petit. The Death and Life of a Female Spy in the First World War (New York: Bloomsbury, 2015).
  23. Antier, Chantal, Louise de Bettignies. Espionne et héroïne de la Grande Guerre (Paris: Tallandier, 2013).
  24. Abad Mier, Maria-Teresa, Les réseaux de renseignement du Grand Quartier général belge pendant la Première Guerre mondiale. 1914–1918 (Louvain-la-Neuve: Université catholique de Louvain, 1996) ; Decock, Pierre, La Dame Blanche. Un réseau de renseignements de la Grande Guerre (Bruxelles: Université libre de Bruxelles, 1987) ; Guilluy, Véronique, Édouard Lagasse de Locht et les services Hunter. Réseau de renseignement en 1916–1918 (Louvain-la-Neuve: Université catholique de Louvain, 1988) ; Hendrick, Annette, ORAM: Un réseau de renseignement allié pendant la Première Guerre mondiale (Louvain-la-Neuve: Université catholique de Louvain, 1982) ; Mignon, Laurent, Les services belges d’espionnage et de contre-espionnage (juin 1910–avril 1915) (Liège: Université de Liège, 2001) ; Citons également l’article de Gwendal Piégais, tiré de son mémoire de master, ‘Le déserteur, source de renseignements du Secret Service – Les interrogatoires du Réseau Hunter aux Pays-Bas de 1916 à 1918’, in: Cahiers Inlichtingenstudies, 6 (2016) (à paraître).
  25. Antier, Chantal, Walle, Marianne et Lahaie, Olivier, Les espionnes dans la Grande Guerre (Rennes: Ouest-France, 2008) ; Proctor, Tammy, Female intelligence. Women and espionage in the First Wirld War (Londres: New York University Press, 2003) ; Gubin, Éliane, ‘Les femmes dans la ‘résistance’ civile en 1914-1918’, in: Jaumain, Serge, e.a. (ed.), Une guerre totale ? La Belgique dans la Première Guerre mondiale (Bruxelles: Archives Générales du Royaume, 2005), pp. 145-156.
  26. Voir l’inventaire de Lannoye, Anne, Inventaire des archives de la Commission des archives des services patriotiques établis en territoire occupé au front de l’ouest (1914-1930) (Bruxelles: Archives générales du Royaume, 2015).
  27. _Journal of Intelligence History_, 5/2, 2005.
  28. Pöhlmann, Markus, ‘German Intelligence at War, 1914–1918’, in: Journal of Intelligence History, 5:2 (2005): 25-54. Dont la traduction en français est également disponible dans Guerres mondiales et conflits contemporains, 232:4 (2008): 5–24.
  29. Altenhöner, Florian, ‘Total War – Total Control? German Military Intelligence on the Home Front, 1914–1918’, in: Journal of Intelligence History, 5:2 (2005): 55-72.
  30. Foley, Robert T., ‘Easy Target or Invincible Enemy? German Intelligence Assessments of France Before the Great War’, in: Journal of Intelligence History, 5:2 (2005): 1-24.
  31. Pour le rapport de Gempp : RW 5, Bundesarchiv-Militärarchiv, Freiburg. Au sujet des papiers de Nicolai : Schmidt, Jürgen W., ‘Tales from the Russian Archives: Walter Nicolai’s Personal Document Collection’ in: Newsletter of the International Intelligence History Study Group, 7: 2 (1998): 10-14. Citons également quelques ouvrages de Walter Nicolai : Nicolai, Walter, Nachrichtendienst, Presse, Volksstimmung im Weltkrieg (Berlin: Mittler, 1920) ; Nicolai, Walter, Geheime Mächte: Internationale Spionage und ihre Bekämpfung im Weltkrieg und heute (Leipzig: Köhler, 1923).
  32. Schmidt, Jürgen W., Gegen Russland und Frankreich: der deutsche militärische Geheimdienst 1890-1914 (Ludwigsfelde: Ludwigsfelder Verlagshaus, 2006).
  33. Boghardt, Thomas, Spies of the Kaiser: German Covert Operations in Great Britain during the First World War (Londres: Palgrave, 2004).
  34. Hieber, Hanne, ‘‘Mademoiselle Docteur’: The Life and Service of Imperial Germany’s Only Female Intelligence Officer’, in: Journal of Intelligence History, 5:2 (2005): 91-108 ; Walle, Marianne, ‘Fraulein Doktor Elsbeth Schragmüller’, in: Guerres mondiales et conflits contemporains, 232:4 (2008): 47-58.
  35. Debruyne, Emmanuel et Rezsöhazy, Élise, ‘‘La main sinistre’. Police secrète allemande et taupes belges. 1914-1918’, in: Cahiers d’Études de Renseignement, 5 (2015): 15-36 ; citons aussi Bost, Mélanie et Rezsöhazy, Élise, ‘À contre-courant. Les agents du contre-espionnage allemand en Belgique occupée durant la Première Guerre mondiale’, in: En territoire ennemi. Les occupations de la Grande Guerre et leurs héritières, 1914-1954 (Lille: Presses universitaires du Septentrion, à paraitre) ; mais également, pour une approche plus microhistorique, Rezsöhazy, Élise, ‘Entre vraisemblable et faux-semblants: Léopold Wartel, agent du contre-espionnage en Belgique occupée durant la Première Guerre mondiale’, in: Niebes, Pierre-Jean, e.a. (ed.) La Grande Guerre à Mons et dans sa région (Waterloo: Avant-Propos, 2015), pp.165-185.
  36. Rousseaux, Xavier et van Ypersele, Laurence (ed.), La patrie crie vengeance ! La répression des « inciviques » belges au sortir de la guerre 1914-1918 (Bruxelles: Le Cri, 2008) ; Baclin, Guillaume, Bernard, Laurence et Rousseaux, Xavier, En première ligne. La justice militaire belge face à « l’incivisme » au sortir de la Première Guerre mondiale (Bruxelles: Archives générales du Royaume, 2010) ; Bost, Mélanie, Rousseaux, Xavier et Horvat, Stanislas, ‘Les espions civils au service de l’ennemi, au prisme de la justice militaire belge. L’autre versant de la guerre de l’ombre (1914- 1920)’, in: Revue belge d’histoire contemporaine, 2-3 (2014): 36-75. Ces études se basent sur les archives des tribunaux civils et militaires, mais également celles des auditorats militaires, conservées aux AGR 2 – Joseph Cuvelier, ainsi que dans les différents fonds des Archives de l’État dans les provinces.
  37. Au sujet du rapport entre le renseignement allemand et les Pays-Bas, voir Klinkert, Wim, ‘A spy’s paradise? German espionage in the Netherlands, 1914-1918’, in: Journal of Intelligence History, 12:1 (2013): 12-35.
  38. Ruis, Edwin, Spionnennest, 1914-1918: spionage vanuit Nederland in België, Duitsland en Engeland (Meppel: Just Publishers, 2012) ; van Tuyll van Serooskerken, Hubert P., The Netherlands and World War I: Espionage, Diplomacy and Survival (Leiden: Brill, 2001).
  39. _Intelligence and National Security_, 32:3 ‘Military Intelligence during The First World War’ (2017).
  40. Remarquons par exemple qu’il faut attendre 2008 pour qu’un numéro spécial de la revue Guerres mondiales et conflits contemporains sorte sur le sujet « Renseignement et espionnage en 1914-1918 ». Au sujet de ce manque d’études, citons Laurent, Sébastien, ‘Is there something really wrong with Intelligence in France? The Birth of the modern Secret State’, in: Intelligence and National Security, 28:3 (2013): 299-312.
  41. À ce sujet, citons le récent volume de la Revue belge d’histoire contemporaine, 46:2 (2016), consacré à la question de la définition de l’histoire militaire en Belgique, et à son rapport avec la New Military History.