Le fonds de la Commission consultative pour prisonniers politiques de Visé

-Micheline Zanatta, IHOES

Présentation et origine du fonds

Mise en place par arrêté ministériel du 5 novembre 1947, la Commission consultative régionale des prisonniers politiques et ayants droits, Canton de Visé est chargée par le ministère de la Reconstruction de donner son avis sur l’obtention du statut de prisonnier politique. Elle tient sa première réunion le 23 novembre 1947 sous la présidence de Gerhard Jowat, résistant par la presse clandestine pendant la Seconde Guerre mondiale, et poursuit ses activités jusqu’au 4 juillet 1954. Le fonds a été rassemblé par Félix Feron, journaliste à La Lanterne. Il écrivait, quant à lui, dans le clandestin Amon nos autes sous le pseudo Romainville et fut déporté. Il devient président de la Commission consultative et a, à ce titre, conservé ces dossiers individuels.

Couverture d’"Amon nos autres", n°3, février 1941 (Coll. IHOES, collection de périodiques clandestins)

Contenu

Le fonds de la Commission consultative pour prisonniers politiques de Visé se compose de six boîtes d’archives couvrant une période allant de 1941 à 1955. Il comporte deux parties :

  • des textes généraux liés à la gestion de la situation des prisonniers politiques par le ministère de la Reconstruction, au niveau national, et les Commissions consultatives aux niveaux national et régional (Régionale de Visé). Cette partie comprend aussi une liste des camps et des documents concernent ceux-ci, notamment des archives liées à la Fraternelle du Bagne de Siegburg. Un volume relié reprend les décisions de la Commission et des documents annexes.
  • des dossiers relatifs aux prisonniers. Le fonds contient 165 dossiers complets qui renferment, selon les cas, des formulaires officiels complétés, des certificats d’État civil, des attestations de témoins de l’arrestation et/ou de la qualité de résistant, de la correspondance, les avis de la Commission.

Intérêt du fonds

Il présente un intérêt pour la connaissance de la Résistance et des résistants dans la région de Visé, et particulièrement des personnes ayant fait l’objet d’une incarcération à la suite de leur engagement.

Outre le relevé de l’essentiel des personnes de la région de Visé ayant déposé un dossier de reconnaissance, et parallèlement l’identité, la qualité et le nombre de personnes admises, on peut aussi relever leur origine géographique, les critères d’admission (résistants ou otages, par exemple), le parcours de bon nombre de ces résistants, les mouvements de Résistance auxquelles ils étaient affiliés (Front de l’Indépendance, Armée secrète, Armée de Libération, services de renseignements, etc.), le nombre des prisonniers incarcérés en prison en Belgique ou dans des camps (où ils sont éventuellement décédés). Sans oublier l’observation des règles et du fonctionnement de la Commission elle-même.

Les dossiers personnels sont consultables lorsque la personne concernée est décédée ou, dans les cas où nous ne disposons pas de l’information, lorsqu’elle est née depuis plus de cent ans.

Carte d'hommage à un résistant fusillé, [s.d.] (Coll. IHOES, fonds Commission consultative pour prisonniers politiques de Visé)
Fiche de prisonnier de l’Union des Prisonniers politiques des deux guerres, [s.d.] (Coll. IHOES, fonds Commission consultative pour prisonniers politiques de Visé)
-Micheline Zanatta, IHOES

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