Contemporanea
Jaargang XXXVIII Jaar 2019 Nummer 1

Archieven

Inventaire de la Jeunesse communiste de Belgique (JCB)

François Belot, Centre des archives du communisme en Belgique (CArCoB)

La période couverte par ce fonds commence avec la refondation de la Jeunesse communiste de Belgique qui avait déjà existé avant-guerre. En effet, en 1956, la Jeunesse Populaire de Belgique renonce à sa vocation de mouvement de masse axé sur les loisirs des jeunes et devient une organisation essentiellement politique.

La fin des années 1950 et le début des années 1960 sont marqués par la lutte de la JCB pour la démocratisation des études et l’amélioration du statut des étudiants et des travailleurs fréquentant les « cours du soir ». Elle se mobilise pendant la grève de 1960-1961. La JCB est pleine de confiance dans l’avenir et participe avec enthousiasme au Festival mondial de la Jeunesse à Moscou en 1957. Elle s’engage dans la solidarité avec le FLN algérien et dans le mouvement pour l’indépendance du Congo, apportant une aide pratique à Patrice Lumumba. C’est aussi l’époque du lancement des marches anti-atomiques, dont la JCB est la cheville ouvrière, et des grandes manifestations de solidarité avec le Vietnam.

Les cadres de la JCB s’investissent beaucoup dans les conseils consultatifs de la jeunesse, nationaux, provinciaux et communaux. Cela ne les empêche cependant pas d’être surpris par le mouvement soixante-huitard. Après une courte période de désorganisation, la JCB se ressaisit à travers les campagnes qu’elle mène en faveur d’Angela Davis, de la solidarité avec l’Unité populaire au Chili, des luttes contre le fascisme en Grèce, en Espagne et au Portugal. En 1974, les étudiants communistes organisés au sein de l’Union nationale des étudiants communistes (UNEC) fusionnent avec la JCB qui s’adressait jusque-là aux jeunes travailleurs et aux élèves du secondaire.

Affiche réalisée par Willy Wolsztajn pour la fête de solidarité organisée par la Maison des Jeunes 1917 à la suite du saccage de leur local, 1980 (Coll. CArCoB).

La JCB est en pleine croissance pendant les années 1970 et ouvre plusieurs maisons de jeunes reconnues ou non. Elle lance un organe de presse, L’Offensive, qui deviendra Oxygène au début des années 1980 ; un journal à la pointe des revendications pour la réduction du temps de travail et l’abaissement de l’âge de la pension. Au cours de cette décennie, la JCB fait front contre les mesures frappant l’enseignement, l’achat des chasseurs-bombardiers F16, les restrictions aux sursis pour le service militaire. Elle est également présente pour soutenir Willy Peers et sa lutte pour la dépénalisation de l’IVG. La question de l’eurocommunisme entraîne une vive opposition entre les régionales de Liège et de Bruxelles. Progressivement, le déclin s’amorce.

Au cours des années 1980, elle participe aux mobilisations contre le chômage des jeunes, les euromissiles et l’apartheid. La JCB unitaire se fédéralise puis se sépare en deux ailes linguistiques qui s’affaiblissent chacune progressivement, la Kommunistische Jeugd van België (KJB) étant la première à cesser d’exister. En 1991, c’est au tour de la JCB de disparaître. Auparavant, les derniers membres, groupés autour de l’ultime carré liégeois, avaient heureusement sauvé les archives. Elles furent déposées au CArCoB et sont désormais accessibles. L’inventaire, réalisé par Amandine Verheylewegen, est consultable sur notre catalogue en ligne PALLAS.

- François Belot

Webreferenties

  1. catalogue en ligne PALLAS: http://carcob.eu/