Les archives de la Congrégation des Pauvres Sœurs de Mons (1481-2020)

-Pierre-Jean Niebes (Archives de l'État à Mons)

En 1245, un béguinage est fondé à Mons dans un lieu appelé Cantimpret. Un hôpital y est ouvert un siècle plus tard, et, à partir de 1351, des Pauvres Sœurs s’y consacrent aux béguines malades. Elles sont placées, comme l’ensemble du béguinage, sous la juridiction du chapitre de Sainte-Waudru. En 1764, un procès débute devant le Conseil souverain à Mons. Il oppose les chanoinesses aux Pauvres Sœurs au sujet de leur autonomie, notamment la désignation de la supérieure de la communauté.

En 1800, elles reprennent leurs activités à l’hôpital de Cantimpret et chez les habitants de la ville, sous la surveillance des Hospices civils.

En 1809, l’évêché de Tournai établit des statuts généraux de la congrégation, approuvés par décret impérial en 1810, ce qui équivaut à un brevet d’institution publique.

 

En 1817, l’ancien couvent des Pauvres Sœurs situé dans l’enclos du béguinage, devenu propriété des Hospices civils, est vendu à l’État, dans le cadre d’une procédure d’expropriation pour la construction des fortifications de Mons. La congrégation acquiert alors l’ancien refuge de l’abbaye d’Hautmont sis rue de Bertaimont. Cet achat est financé par les Hospices civils avec les revenus de la vente de l’ancienne maison.

 

D’importants travaux de reconstruction débutent en 1850. Les nouveaux locaux sont assez vastes pour permettre d’offrir une retraite à des dames âgées. La maison mère a été en grande partie détruite lors du bombardement du 14 mai 1940. Les religieuses de la rue de Bertaimont se réfugient alors à Pont-Canal à Jemappes où les religieuses disposent depuis 1930 d’une clinique moderne et d’une école d’infirmières

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Dès 1855, la congrégation essaime et fonde des maisons filiales à Ciney et à Dinant pour soigner à domicile les malades et les infirmes. En 1868, quatre Pauvres Sœurs sont à l’hospice de Ciney et quatre à Dinant. En 1869, à la demande de plusieurs sociétés charbonnières, naît le projet d’établir une maison succursale à Gilly qui se consacre aux soins des ouvriers mineurs malades ou blessés. En 1879, une propriété est acquise et devient le noyau du futur hôpital Saint-Joseph de Gilly.

 

À la suite de la loi du 27 juin 1921 qui accorde la personnification civile aux ASBL, les Pauvres Sœurs créent l’ASBL « Providence des Malades » qui regroupe toutes leurs maisons filiales. Aujourd’hui, cette congrégation hospitalière, qui a connu son apogée en 1967 où elle comptait 103 religieuses, est en fin de vie, faute de recrutement.

 

Ce fonds d’archives, conservé aux Archives de l’État à Mons, compte 33 mètres linéaires. L’inventaire contient des documents relatifs aux maisons filiales fondées par la congrégation en Hainaut, à Bruxelles et dans le Namurois dans le secteur hospitalier : ils concernent leur fondation, leur administration, leurs biens immobiliers, leur personnel (avec de nombreuses photos), leur comptabilité. Parmi les documents relatifs à la maison de Ciney, on trouve le diplôme de Juste parmi les Nations accordé à deux religieuses pour avoir caché un enfant juif durant la Seconde Guerre mondiale.

Enfin, l’inventaire contient des documents relatifs à l’institut des Sœurs de la Compassion, fondé à Tournai en 1858 et qui a fusionné en 1958 avec la congrégation.

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-Pierre-Jean Niebes (Archives de l'État à Mons)

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