Contemporanea
Jaargang XLI Jaar 2019 Nummer 4

Archieven

Veille funèbre à La Louvière. Des apports concrets pour limiter les regrets éternels

Thierry Delplancq, archiviste de la Ville et du CPAS de La Louvière

L’intérêt des Archives louviéroises pour les cimetières est notable dès la fin des années 1990. Il se concrétise par une collaboration active au sein de la cellule Infocim du service État civil1. L’implication s’accroît encore considérablement avec la publication, en 2009, du Décret wallon relatif aux funérailles et aux sépultures. En effet, celui-ci prévoyait notamment la rédaction, au sein des communes, d’une liste des sépultures d’importance historique locale. Cette tâche, un temps confiée aux réflexions d’une commission communale mise en place en 2011, est reprise en 2016 par la division Citoyenneté et les Archives. Une vaste campagne photographique est alors assurée pour couvrir 14 champs de repos qui, en 2017, hébergent environ 100 à 120.000 défunts. Une liste indicative est soumise aux édiles locaux un an plus tard. Visant à offrir un reflet des vies culturelle, sociale, religieuse, syndicale, politique, industrielle ou encore sportive des 11 localités de l’entité, elle propose d’accorder un caractère de patrimoine communal à 167 sépultures ou ensembles de sépultures2.

Un exemple du petit patrimoine funéraire en sursis dans nos cimetières, 2018 (coll. Archives de la Ville et du CPAS de La Louvière).

Les Archives ont bien vite élargi leur champ d’action. Ce dernier englobe désormais la centralisation et la numérisation des registres des fossoyeurs, la poursuite du travail de couverture photographique ainsi que la préservation virtuelle ou matérielle des sépultures appelées à disparaître lors de programmes communaux de désaffectation. Ainsi, en partenariat avec les départements Citoyenneté et Infrastructure, les Archives poursuivent leurs campagnes photographiques et assurent, autant que faire se peut, la sauvegarde d’exemplaires significatifs du petit patrimoine funéraire. Balisé par une formation à la conservation préventive dispensée en 2019, le projet vise à identifier, transférer, nettoyer, conditionner et intégrer progressivement dans l’enceinte des Archives des éléments représentatifs des cimetières locaux (médaillons en porcelaine, photos sous verre bombé, croix de fonte, plaques souvenir, couronnes mortuaires, etc).

Un exemple du petit patrimoine funéraire en sursis dans nos cimetières, 2018 (coll. Archives de la Ville et du CPAS de La Louvière).

Tenant compte d’une perspective de développement du tourisme funéraire sur le territoire de l’entité louviéroise, le programme des Archives s’intègre par ailleurs dans une dimension plus vaste permettant une gestion optimisée de l’espace dans les cimetières. La transversalité prônée dans l’Administration louviéroise trouve ici une illustration avec l’apport de la cellule Projet numérique-Géomatique et ses opportunités cartographiques. L’ensemble permettra, à terme, une meilleure information aux familles et aux administrés, une identification précise des sépultures et des ayants-droits, la mise en œuvre d’un plan directeur pour l’organisation des espaces mais aussi l’optimisation de la gestion de reprise des espaces dans les cimetières.

- Thierry Delplancq

Referenties

  1. La cellule Infocim (pour « informatisation des cimetières ») a été créée en 1997 dans le but de recenser l’ensemble des sépultures et d’identifier celles qui étaient à l’abandon afin de récupérer les espaces disponibles.
  2. Pour en savoir plus : Th. Delplancq, « La préservation du patrimoine funéraire à La Louvière. Agir avant qu’il ne soit trop tard », in Thema & Collecta. Cimetières et patrimoine, 2018, n°6, pp. 58-63. Une prochaine publication du Service des Archives permettra également de faire découvrir au grand public la richesse des cimetières louviérois.