{"id":855,"date":"2024-09-05T15:22:00","date_gmt":"2024-09-05T13:22:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.contemporanea.be\/?post_type=article&#038;p=855"},"modified":"2024-12-02T12:14:58","modified_gmt":"2024-12-02T11:14:58","slug":"de-keulenaer-paul-the-forgotten-children-of-the-war-the-story-of-regina-and-georges-hidden-jewish-children-bruxelles-academic-scientific-publishers-2023-279-p","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/www.contemporanea.be\/nl\/article\/de-keulenaer-paul-the-forgotten-children-of-the-war-the-story-of-regina-and-georges-hidden-jewish-children-bruxelles-academic-scientific-publishers-2023-279-p\/","title":{"rendered":"De Keulenaer, Paul, The Forgotten Children of the War. The Story of Regina and Georges, hidden Jewish Children (Bruxelles : Academic Scientific Publishers, 2023), 279 p."},"content":{"rendered":"\n<section  class=\"contemporanea-section full-width-image \">\n    <div class=\"contemporanea-container \">\n\n                    <div id=\"text-and-image-1\" class=\"image-container auto-height\">\n                <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"666\" height=\"931\" src=\"https:\/\/www.contemporanea.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Forgotten-Children.png\" class=\"full-height\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/www.contemporanea.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Forgotten-Children.png 666w, https:\/\/www.contemporanea.be\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Forgotten-Children-215x300.png 215w\" sizes=\"auto, (max-width: 666px) 100vw, 666px\" \/>            <\/div>\n                        <\/div>\n<\/section>\n\n\n<section  class=\"contemporanea-section full-width-text\">\n    <div class=\"contemporanea-container\">\n        \n                    <div class=\"block-text lh-2\"><p style=\"text-align: justify;\">Durant les premi\u00e8res ann\u00e9es de l\u2019occupation allemande en Belgique, le filet va peu \u00e0 peu se resserrer autour des Juifs pr\u00e9sents sur le territoire du royaume. Rappelons ici, que seuls 5 \u00e0 6 % des Juifs pr\u00e9sents avaient la nationalit\u00e9 belge. La grande majorit\u00e9 \u00e9tait d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re et n\u2019avait pas pu r\u00e9ellement int\u00e9grer le tissu social belge potentiellement protecteur. D\u00e8s d\u00e9cembre 1941, l\u2019<em>Association des Juifs en Belgique<\/em>, cr\u00e9\u00e9e par une ordonnance de l\u2019occupant, va identifier et lister les Juifs. Les d\u00e9portations commencent en \u00e9t\u00e9 1942, \u00e0 la suite d\u2019une convocation d\u2019une partie de la population juive au <em>SS Sammellager Mecheln<\/em>, mieux connu sous le nom de caserne Dossin. Sous l\u2019apparence d\u2019une obligation administrative \u00ab\u00a0l\u00e9gale\u00a0\u00bb les nazis font venir leurs victimes vers eux. En septembre 1942, le <em>Comit\u00e9 de d\u00e9fense des Juifs<\/em> est cr\u00e9\u00e9 pour organiser la r\u00e9sistance et la protection des Juifs en particulier. On pourrait supposer que tout un chacun connaisse le d\u00e9roul\u00e9 de cette histoire \u2013 qui est la n\u00f4tre \u2013 sur le bout des doigts. Force est de constater que les jeunes g\u00e9n\u00e9rations connaissent de moins en moins les deux guerres mondiales. Malheureusement, souvent parce que leur app\u00e9tit de connaissance n&#8217;est pas stimul\u00e9 par un mat\u00e9riel p\u00e9dagogique ad\u00e9quat. Avec <em>The Forgotten Children of the War<\/em>, l&#8217;auteur Paul De Keulenaer a dress\u00e9 un bilan instructif et tr\u00e8s lisible qui, esp\u00e9rons-le, fera des \u00e9mules, maintenant que l\u2019heure des \u00ab\u00a0enfants cach\u00e9s\u00a0\u00bb a d\u00e9finitivement sonn\u00e9. Le livre allie de fa\u00e7on exemplaire la rigueur de la recherche document\u00e9e \u00e0 la p\u00e9dagogie, mais aussi l\u2019empathie que peut g\u00e9n\u00e9rer l\u2019identification \u00e0 des jeunes enfants juifs qui devaient se cacher pour survivre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le livre \u2013 r\u00e9dig\u00e9 en n\u00e9erlandais, traduit en fran\u00e7ais, et ensuite en anglais \u2013 est certainement adapt\u00e9 \u00e0 l&#8217;enseignement. Autour des personnages principaux, deux tr\u00e8s jeunes enfants juifs cach\u00e9s chez des citoyens belges par le Comit\u00e9 de d\u00e9fense des Juifs, Paul De Keulenaer \u2013 fort de son exp\u00e9rience dans le domaine de l&#8217;enseignement \u2013 offre le cadre n\u00e9cessaire pour appr\u00e9hender le contexte historique. En outre, il s&#8217;agit d&#8217;une histoire belge qui met en sc\u00e8ne des Flamands et des Wallons \u00ab\u00a0ordinaires\u00a0\u00bb, qui ont fait preuve d&#8217;une bravoure, d&#8217;une humanit\u00e9 et d&#8217;un d\u00e9sint\u00e9ressement extraordinaires. En effet, ceux qui ont fourni une cachette aux Juifs pendant l&#8217;occupation nazie ont couru de grands risques. Les deux enfants dont il est question ici avaient des parents juifs venus de Pologne et cherchaient une vie meilleure \u00e0 Anvers. Le gar\u00e7on, Georges Suchowolski, y est n\u00e9 en 1936 et la fille, Regina Sluszny, en 1940. Alors que l&#8217;occupant allemand impose une emprise de plus en plus coercitive sur les quelque 65.000 \u00e0 70.000 Juifs que compte la Belgique, les familles Suchowolski et Sluszny \u2013 qui ne se connaissent pas \u2013d\u00e9cident d&#8217;entrer dans la clandestinit\u00e9 en 1943. On pourrait arguer que ces deux enfants, si jeunes, ne pouvaient pas vraiment comprendre ce qui se passait, d&#8217;autant plus qu&#8217;ils \u00e9taient prot\u00e9g\u00e9s par leurs parents. Mais ils en ont in\u00e9vitablement gard\u00e9 des souvenirs, qu&#8217;ils ont ensuite essay\u00e9 d\u2019assimiler, de sorte que le lien dramatique leur est progressivement apparu. Pour Georges Sucholowski, ce fut plus traumatisant que pour Regina. Il a surv\u00e9cu \u00e0 plusieurs adresses en Wallonie, mais ses parents ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9s et sont morts assassin\u00e9s \u00e0 Auschwitz-Birkenau. Sa s\u0153ur et ses grands-parents ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s en ao\u00fbt 1944, peu avant la Lib\u00e9ration, lors d&#8217;une attaque de l&#8217;arm\u00e9e de l&#8217;air am\u00e9ricaine sur Namur, lorsque la maison o\u00f9 ils \u00e9taient abrit\u00e9s a \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e par les bombes. Regina a pass\u00e9 des ann\u00e9es insouciantes dans un jardin d&#8217;enfants \u00e0 Hemiksem, non loin d\u2019Anvers, avec le couple d&#8217;\u00e9piciers sans enfants Charles Jacobs-Anna Van Dijck. Ses parents ont surv\u00e9cu. Georges et surtout Regina ont maintenu des liens tr\u00e8s \u00e9troits avec leurs \u00ab\u00a0parents\u00a0\u00bb dans la clandestinit\u00e9, m\u00eame lorsqu&#8217;ils sont retourn\u00e9s dans leur famille juive apr\u00e8s la guerre. Regina leur rendait visite chaque semaine et gr\u00e2ce \u00e0 ses fonctions dans les organisations juives, elle a fait en sorte que les noms de \u00ab\u00a0Charel et Anna\u00a0\u00bb ainsi que ceux des \u00ab\u00a0parents cach\u00e9s\u00a0\u00bb de Georges figurent d\u00e9sormais sur la liste d&#8217;honneur isra\u00e9lienne des <em>Justes parmi les nations<\/em>, aux c\u00f4t\u00e9s de ceux de 1.600 autres Belges. Regina et Georges se sont rencontr\u00e9s en 1956 dans un cercle de chant juif et se sont mari\u00e9s en 1960. Ils sont rest\u00e9s \u00e0 Anvers et ont eu un fils et une fille. R\u00e9gina est depuis plusieurs ann\u00e9es pr\u00e9sidente du <em>Forum voor Joodse organisaties<\/em> \u00e0 Anvers. Son \u00e9poux, Georges Suchowolski, s\u2019est \u00e9teint en 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours de nombreuses conversations, Paul De Keulenaer a aid\u00e9 Georges et Regina \u00e0 replacer leurs souvenirs de clandestinit\u00e9. Ces conversations, qui constituent la base du livre, ont eu lieu dans leur maison, mais aussi aux adresses o\u00f9 ils ont s\u00e9journ\u00e9 pendant leur enfance. Il s&#8217;agit parfois de confrontations sombres avec le pass\u00e9, mais aussi de souvenirs reconnaissants \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de leurs protecteurs, auxquels ils ont fait leurs adieux apr\u00e8s la fin de la guerre. L\u2019auteur y ajoute ses propres r\u00e9flexions et des faits pertinents de la guerre et de l&#8217;apr\u00e8s-guerre. Cet ouvrage, richement illustr\u00e9 et \u00e9crit avec fluidit\u00e9, se lit comme le r\u00e9cit de la qu\u00eate d\u2019une identit\u00e9 perdue. Il rappelle aussi la difficult\u00e9 de nombreux enfants cach\u00e9s de parler ensuite de leur exp\u00e9rience. Ces m\u00eames enfants cach\u00e9s qui sont rest\u00e9s longtemps dans l\u2019ombre des rescap\u00e9s des camps de concentration et des centres de mise \u00e0 mort.<\/p>\n<\/div>\n            <\/div>\n<\/section>","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"class_list":["post-855","article","type-article","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.contemporanea.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/article\/855","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.contemporanea.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.contemporanea.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.contemporanea.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.contemporanea.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/article\/855\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1305,"href":"https:\/\/www.contemporanea.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/article\/855\/revisions\/1305"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.contemporanea.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=855"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}