Contemporanea
Jaargang XXXIX Jaar 2017 Nummer 2

Review

La cause palestinienne en Belgique : enjeux d’une histoire par le bas

John Nieuwenhuys, Université libre de Bruxelles

L’histoire des mouvements belges de solidarité avec les Palestiniens reste encore à écrire. En réalité, le constat est plus large : jusque récemment les modalités et conséquences de l’internationalisation du conflit israélo-palestinien étaient peu présentes dans l’historiographie de l’Europe occidentale au XXe siècle. Ce n’est pas à dire pour autant que le conflit et son « importation » sur le vieux continent n’ont pas suscité d’intérêt mais l’état de l’art demeure profondément morcelé. C’est aussi qu’il se partage entre différentes disciplines des sciences humaines. De même, pour les historiens, la question dépasse les Relations internationales (RI) ainsi que le simple champ politique pour toucher aussi, en certains points, à une histoire sociale, culturelle voire matérielle.

Le présent aperçu de la littérature, sur un sujet aussi vaste et complexe, doit assumer ses limites. Ces limites sont d’abord celles des compétences linguistiques de l’auteur mais elles procèdent aussi de la volonté d’orienter l’exercice vers un but précis. En effet, parce que le sujet est vaste et complexe, il ne convient pas ici de faire l’inventaire exhaustif des questions qu’il a suscitées en sciences humaines. Nous chercherons plutôt à le situer à la croisée de différents chantiers de la recherche avant d’explorer quelques-unes des perspectives qu’ouvre le cas belge plus particulièrement.

Le conflit au Proche-Orient, vu d’ailleurs

Il faut préciser d’emblée que de nombreuses études de très haute qualité ont été produites sur le conflit israélo-palestinien : certaines l’ont évoqué en marge d’une histoire, parfois plus large et étendue dans le temps, du Proche-Orient ; d’autres se sont concentrées sur les relations étrangères, adoptant le point de vue israélien ou celui des principales puissances impliquées. Nous nous limitons ici à aborder le traitement de l’internationalisation du conflit et, plus spécifiquement, de son importation en Europe occidentale. De façon schématique, on peut choisir d’organiser ce type d’études au sein de trois approches principales.

La première approche porte essentiellement sur les positions politiques et diplomatiques adoptées vis-à-vis des belligérants ; elle doit beaucoup aux études des RI. Dans cette veine, Kemal Kirisci a été l’un des premiers à présenter comparativement la disparité des expressions de soutien à l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) en Europe.1 Par la suite, plusieurs travaux d’histoire ont approfondi le cas de la République fédérale d’Allemagne (RFA), celui de la France, etc.2; en Grande-Bretagne on s’est surtout intéressé à l’évolution de la position des partis vis-à-vis du conflit ou de la doctrine sioniste.3 Enfin, la politique de l’Europe communautaire dans la région méditerranéenne a été largement débattue et continue de l’être en sciences humaines. La seconde approche porte davantage sur la représentation médiatique du conflit et sa réception dans l’opinion publique des pays d’Europe. Plus que des historiens, elle mobilise surtout des spécialistes de la communication, sur l’exemple de Jérôme Bourdon.4 Limitons-nous à citer encore Ruth Sanz Sabido, pour la perspective diachronique offerte par son étude de la Palestine dans la presse britannique, ainsi que Ziyad Abualrob (UCL), pour la perspective comparée que propose sa dissertation doctorale sur la période contemporaine.5

La troisième approche traite le militantisme pro-palestinien (y compris combattant) en périphérie d’études prioritairement consacrées à l’extrémisme et la violence politiques.6 L’état de l’art présente ici une difficulté supplémentaire car cette approche se situe souvent à la croisée des études du terrorisme international, d’une part, et de la Guerre froide, d’autre part.

On précisera, quant au premier de ces deux champs, que le seul intérêt pour les tactiques terroristes ne suffit pas à éclairer les enjeux plus larges du Mouvement de libération palestinien.7 En outre, il s’en faut parfois de peu qu’on ne s’aventure sur le territoire des journalistes d’investigation qui ont couvert le sujet depuis les évènements de Munich en 1972, durant les années de plomb et le Deutscher Herbst.8 Or ceux-ci n’ont pas toujours apprécié la distinction, dans les motivations des groupes investigués, entre l’idéal de la décolonisation, le tiers-mondisme, l’antiimpérialisme marxiste, les doctrines fascisantes et, à partir des années 1980, les préceptes de l’islam politique. Ces nuances complexes, il revient à la communauté scientifique de les mettre en lumière. À titre d’exemple, on peut se féliciter de ce que l’historien Nicolas Lebourg ait contextualisé avec précision l’antisionisme déclaré des groupuscules néo-fascistes emmenés par les Belges Jean-François Thiriart et Jean-Robert Debbault, anciens militants pronazis et antisémites notoires.9 Ce type d’analyse critique est indispensable, à peine d’essentialiser le lien avec l’extrême droite, de verser bientôt dans l’amalgame « islamo-fasciste » voire dans les thèses révoltantes de Bat Ye’or et Oriana Fallaci sur l’ « Eurabie ».

Nous disions d’autre part que plusieurs travaux consacrés aux milieux d’extrême gauche s’inscrivent, cette fois, dans le champ des études de la Guerre froide. Tout d’abord, on peut noter l’intérêt renouvelé pour les réseaux de sympathie dont ont bénéficié les organisations dites terroristes – notamment palestiniennes – à l’Est du rideau de fer.10. Ces recherches soulignent en substance la façon dont les pays socialistes ont constitué une base arrière autorisant ces groupes clandestins à mener des attaques en Europe occidentale. Une mise en garde générale s’impose toutefois : le souci trop exclusif d’étudier l’affrontement des deux blocs peut reléguer au second plan les propriétés de la lutte palestinienne (dans ce cas-ci), qui a une existence propre. Ce n’est cependant pas une fatalité du genre ; Paul Thomas Chamberlin évite l’écueil quand il présente le Mouvement palestinien dans sa contribution à un nouvel ordre mondial, lui restituant le rôle central dans la conduite de son propre destin.11

Les historiens de l’Allemagne se montrent très actifs au sujet de la gauche radicale, y compris en rapport avec le conflit israélo-palestinien. L’une des contributions récentes les plus décisives est celle de Jeffrey Herf sur la République démocratique allemande (RDA), l’extrême gauche en RFA et leur commun antagonisme à Israël.12 L’ouvrage révèle une facette moins connue du conflit en braquant le projecteur sur l’Allemagne divisée, aux prises avec le passé nazi. À l’Est, Jeffrey Herf épingle la propagande hostile à l’État hébreux ainsi que le soutien logistique apporté à l’action violente. Au reste, comme Martin Kloke ou Wolfgang Kraushaar, il interroge la place de l’antisémitisme dans l’antisionisme de l’extrême gauche ouest-allemande.13

En définitive, une limite de cette troisième approche réside peut-être dans la difficulté à théoriser le « terrorisme » vu la portée évolutive du terme – une critique générale déjà souvent formulée. Donatella Della Porta ne substituait-elle pas au terme celui de « Clandestine Political Violence » afin de ramener le phénomène dans l’étude des mouvements sociaux et d’éclairer l’échange de ressources symboliques entre groupes clandestins ?14

Venons-en donc enfin aux études des mobilisations, dont l’analyse du soutien à la Palestine (ou à Israël, d’ailleurs) dans les sociétés européennes demeure le parent pauvre. En France, Abdellali Hajjat signalait que « cette lacune historiographique est d’autant plus regrettable que les clivages politiques autour du conflit israélo-palestinien ont structuré, et structurent encore, en partie l’échiquier politique français ; que le soutien à la cause palestinienne est à l’origine de la politisation de nombreux militants […] ».15. Les recherches du politologue Marc Hecker ont fait beaucoup pour répondre à ces préoccupations.16 Depuis, Thomas Maineult (CHSP-Paris) a entrepris des recherches doctorales sur la cause palestinienne en France, de 1967 à 1987.17 Les questions qu’abordent ces chercheurs se posent-elle en Belgique et quelles pistes peut-on suggérer pour les aborder ?

Palestine : une passion belge ?

La Belgique, comme étude de cas, ne se distingue pas uniquement en vertu des institutions internationales (et par conséquent des organisations civiles) qu’elle accueille sur son territoire. C’est aussi que la politique étrangère belge – fidèle à son principe d’équidistance entre les parties du conflit israélo-palestinien – contraste avec une opinion publique qui s’est souvent prise de passion pour la question, surtout depuis 1967. On veillera cependant à ne pas sacraliser les frontières nationales : le contexte belge est un point de départ possible pour l’étude de mouvements qui ne s’y limitent pas nécessairement.

La littérature existant sur le rapport de la Belgique au conflit israélo-palestinien appartient essentiellement aux deux premières veines décrites plus haut. En histoire des RI, plusieurs contributions ont identifié le groupe d’intérêt – issu des Affaires étrangères, du haut clergé et de l’élite industrielle du pays – qui a brigué pour la Belgique le mandat sur la Palestine, avant la publicisation des accords Sykes-Picot (lesquels attribuaient ce mandat à la Grande-Bretagne dans la perspective de la dissolution de l’Empire ottoman).18 Plus loin dans le temps, Omer de Raeymaecker a exposé la politique de la Belgique vis-à-vis du conflit israélo-arabe, de 1948 à 1978. L’ouvrage souligne comment l’attitude tempérée d’un « petit pays » aura contribué à rapprocher les positions des membres de la Communauté économique européenne (CEE) sur le monde arabe, après 1967, et à rétablir le dialogue entre Anouar el-Sadate et Menachem Begin, après 1973.19 Un peu datée, cette contribution a inévitablement manqué du recul nécessaire pour apprécier les suites du traité de paix israélo-égyptien finalement conclu en 1979. À lire, donc, en complément d’études plus récentes.20

Avec ses travaux (parfois ouvertement partisans) Bichara Khader a cherché à approfondir la dimension culturelle de nos rapports à la Palestine.21 Dans un esprit similaire, on peut rappeler deux contributions qui ont dépassé les questions de politique étrangère. Ce que propose le court ouvrage de Catherine Berny n’est pas loin d’une radiographie de la société belge face à l’actualité proche-orientale, de 1947 à 1949 : en renseignant les réactions de la presse ainsi que l’activisme humanitaire des milieux chrétiens avec les victimes arabes, l’ouvrage transcende le simple point de vue diplomatique.22 Sur la période ultérieure, Michel Demoulin a quant à lui suggéré que l’approche précitée d’Omer de Raeymaecker manque de pleinement satisfaire « car elle ne tient pas compte de ce qui survient entre deux points de repère, à savoir le travail de et dans l’opinion de toute une série de facteurs ».23 Et l’auteur d’identifier ensuite de nouvelles pistes de réflexion.

Une histoire culturelle et sociale

Reprenons l’exercice, en tenant compte des enjeux historiographiques plus récents, pour proposer également quelques orientations. Précisons encore que ces propositions ne se satisfont pas de la polémique que le sujet israélo-palestinien suscitera toujours chez certains ; elles se veulent, au contraire, sans complaisance.

Premièrement, proposons de restituer les groupements d’extrême gauche à un environnement plus large. Dès la fin des années 1960, plusieurs dissensions gauchistes se sont effectivement disputées la cause palestinienne. À ce jeu, les maoïstes du Comité National Palestine (CNP) semblent l’avoir emporté sur les autres, du moins jusqu’en 1976.24 Le thème est resté porteur chez les militants de la Ligue Anti-Impérialiste (LAI) et – à ce jour encore – ceux du PTB-PVDA. On peut néanmoins douter que ces militants aient pesé autant, dans le débat public, que les intellectuels et ténors de la solidarité qui ont aidé à inscrire la cause palestinienne dans les agendas de la paix et de la coopération au développement. Retracer les itinéraires croisés de ces personnalités peut permettre d’identifier leur rôle de porte-parole voire de relais, d’un milieu à l’autre, d’une génération à la suivante.

Affiche du PVDA (1984) : « Hommage au martyr Naïm Khader ». Premier représentant de l’OLP auprès des autorités belges, Naïm Khader est assassiné par balles le 1er juin 1981 à Ixelles. Archives en ligne de l’AMSAB-ISG

Une deuxième proposition concerne le choix du cadre temporel. Sociologues et politologues se penchent plus volontiers sur les manifestations pro-palestiniennes au siècle présent, tandis que les quelques travaux d’histoire sur le sujet dépassent rarement la fin des années 1980. Apprécier, au-delà de la première Intifada, l’ordre mondial reconfiguré des années 1990 peut ouvrir de nouveaux horizons. Au regard de la mobilisation, on appréciera l’évolution des répertoires d’action, des références intellectuelles et de la vision du monde des militants. Au regard du conflit en tant que tel, on interrogera l’attitude (la désillusion ?) des partisans actifs de la solution bi-étatique face à l’enlisement du processus d’Oslo initié en 1993 sous les auspices de Washington.

Troisièmement, l’historiographie stricte de la Guerre froide peut aussi être dépassée sur le plan thématique. En l’occurrence, la question palestinienne est l’un des possibles sous-thèmes d’une histoire de la communauté juive de Belgique – déjà bien documentée.25 Il ne s’agit pas de communautariser le conflit mais de révéler au contraire comment les positions juives se sont diversifiées, en particulier depuis la guerre israélo-arabe de 1973.26 Inclure ces voix peut favoriser une mise en récit plus interactive des rapports entre organisations pro-israéliennes, militants pro-palestiniens et partisans du dialogue. Avec son édition commentée de la correspondance entre Marcel Liebman et Ralph Miliband, Gilbert Achcar a d’ores et déjà démontré la pertinence d’une telle option.27

On touche de même à l’histoire de l’immigration. Il est vrai qu’il n’existait pas en Belgique de communauté palestinienne aussi importante, proportionnellement, qu’en RFA ou à Vlaardingen aux Pays-Bas. Pourtant, les étudiants étrangers ont joué un rôle au sein de ladite Nouvelle gauche et la Palestine n’était pas absente des manifestations antiracistes autour de 1970.28 Incidemment, la recherche dans le monde arabo-musulman d’un modèle endogène d’émancipation (sur l’exemple iranien de 1979) a introduit un nouveau type de mobilisation pro-palestinienne à référent religieux29 – y compris en Europe. Encore une fois, on aura soin de ne pas de renvoyer dos à dos les différentes communautés religieuses ou ethniques, ni de les homogénéiser : il s’agit d’intégrer leur histoire plurielle à une étude proprement transversale.

Proposons enfin – pour conclure une liste non-exhaustive – d’investiguer le rôle de la mobilité transnationale.30 Au lendemain de la guerre de 1967, la Colonie Amitié de Charles Knoblauch et David Susskind accueillait orphelins israéliens et enfants éthiopiens en vacances à Saint-Idesbald31 ; le bureau de la FGTB/ABVV recevait quant à lui les délégations du syndicat israélien _Histadrut_32 Dans les années suivantes, les militants de l’extrême gauche furent plusieurs à visiter les camps de l’OLP, tandis que les membres du Comité belge pour une paix négociée entre Israël et les pays arabes faisaient eux le tour des officiels sionistes33… « Bien informer » l’opinion belge représentait pour une large part l’enjeu de ces échanges. Or, s’il convient d’évaluer l’impact de ce type de socialisation sur l’opinion plus large, on peut aussi questionner l’impact général du conflit sur les rapports des Belges à Israël, en termes commerciaux ou de tourisme. Cette dernière optique met à jour l’intrusion du politique dans nos représentations, nos pratiques de mobilité ainsi que nos modes de consommation.34

Bruxelles-Beyrouth: le 14 août 1982, Oxfam-Belgique organise un événement (animations, concerts, vidéos, collecte de sang) en solidarité avec les victimes libanaises et palestiniennes des affrontements. Photographie SOS Liban, Archives Oxfam-Belgique (Molenbeek).

Qu’incarne aujourd’hui le soutien à la cause palestinienne (et/ou l’opposition à Israël) ? Le marqueur identitaire de certaines populations immigrées, le cache-sexe d’un antisémitisme persistant, une opportunité électorale pour l’extrême gauche, un légitime enjeu de droit international humanitaire, un combat altermondialiste d’avenir ou, finalement, un sous-répertoire désormais classique de cette mélancolie de gauche théorisée par Enzo Traverso ?35 Le conflit israélo-palestinien constitue dans nos sociétés un théâtre polémique déjà ancien auquel les jeunes disent ne plus rien comprendre, à en croire Jérôme Bourdon.36 En Belgique aussi, l’historien peut aider à démêler l’écheveau.  

- John Nieuwenhuys

Webreferenties

  1. AMSAB-ISG: http://opac.amsab.be/Record/AF.00179

Referenties

  1. Kirişci, Kemal, The PLO and world politics: a study of the mobilization of support for the Palestinian cause (New York: St. Martin’s press, 1987).
  2. Wittstock, Alfred (Ed.), Israel in Nahost - Deutschland in Europa: Nahtstellen (Springer, 2001) ; Gerlach, Daniel, Die doppelte Front: Die Bundesrepublik Deutschland und der Nahostkonflikt 1967-1973 (LIT Verlag, 2006) ; Kassir, Samir & Mardam-Bey, Farouk, Itinéraires de Paris à Jérusalem: la France et le conflit israélo-arabe (Institut des études palestiniennes, 2 volumes : 1992 & 1993); citons encore le travail du journaliste Sieffert, Denis, Israël-Palestine, Une Passion Française (La Découverte, 2004).
  3. Edmunds, June, ‘The British Labour Party in the 1980s: The Battle Over the Palestinian/Israeli Conflict’, Politics (1998 : 18) : 111-18; Kelemen, Paul, The British Left and Zionism: History of a Divorce (Manchester University Press, 2012). Pour le contexte allemand, voir Fischer, Leandros, Zwischen Internationalismus und Staatsräson: Der Streit um den Nahostkonflikt in der Partei DIE LINKE (Springer-Verlag, 2016).
  4. Bourdon, Jérôme, Le récit impossible. Le conflit israélo-palestinien et les médias (Bruxelles : Ina/De Boeck, Collection Médias recherche, 2009).
  5. Sanz Sabido, Ruth, ‘Palestine in the British Press: A Postcolonial Critical Discourse Analysis’, in: Journal of Arab and Muslim Media Research (2015: 8(3)) : 199-216; Abualrob, Ziyad, Le conflit israélo-arabe dans la presse européenne. Analyse critique de neuf quotidiens belges, français et britanniques, Thèse doctorale en information et communication, sous la direction de Lits, Marc (Louvain-la-Neuve : Université catholique de Louvain, mai 2011) en ligne.
  6. Ex. Riegler, Thomas, Im Fadenkreuz: Österreich und der Nahostterrorismus, 1973 bis 1985 (Vandenhoeck & Ruprecht, 2010).
  7. Cf. Chamberlin, Paul Thomas, The Global Offensive. The United States, the Palestinian Liberation Organization and the Making of the Post-Cold War Order (New York: Oxford University Press, 2012): 9.
  8. Le sujet continue de passionner ; voir par ex. Latsch, Gunther & Wiegrefe, Klaus, „Zeitgeschichte: Braune Hilfe“, Der Spiegel (2012:12) en ligne
  9. Lebourg, Nicolas, Le monde vu de la plus extrême droite. Du fascisme au nationalisme-révolutionnaire, (Presses universitaires de Perpignan, Collection Études, 2010).
  10. Voir par ex. In the Shadow of the Cold War. Domestic and International Terrorism in the Former Communist Countries, International conference organized by the Institute of National Remembrance & the Commission for the Prosecution of Crimes against the Polish Nation (Varsovie, 8-9 octobre 2015). Des actes édités par Friis, Thomas W. & Gasztold-Seń, Przemysław sont annoncés pour 2017.
  11. Chamberlin, Paul Thomas, op. cit..
  12. Herf, Jeffrey, Undeclared Wars with Israel: East Germany and the West German Far Left, 1967–1989, (New York: Cambridge University Press, 2016). L’auteur n’a pas manqué d’exprimer son étonnement quant au fait que ce travail d’archive n’ait jamais été entrepris avant lui; voir la conclusion de sa présentation du livre au Woodrow Wilson Center, le 2 mai 2016 en ligne.
  13. Cf. Kloke, Martin W., Israel und die deutsche Linke. Zur Geschichte eines schwierigen Verhältnisses (Frankfurt am Main: Haag & Herchen, 1994); Holz, Klaus, Die Gegenwart des Antisemitismus: Islamische, demokratische und antizionistische Judenfeindschaft (Hamburg: Hamburger Edition, HIS Verlag, 2005); Vowinckel, Annette, „Der kurze Weg nach Entebbe oder die Verlängerung der deutschen Geschichte in den Nahen Osten“, in: Zeithistorische Forschungen n°2 (1-2004): 236-254; Kraushaar, Wolfgang, Die RAF und der linke Terrorismus (Hamburg, 2006); Martin Jander, ‘German Leftist Terrorism and Israel: Ethno-Nationalist, Religious-Fundamentalist, or Social-Revolutionary?’, in: _Studies in Conflict & Terrorism (2015: 38(6)): 456-477; et enfin, tout récemment : Israel, die PLO und die deutsche Linke 1967-2017. Oder: Wie der Sechstagekrieg Wahrnehmungen veränderte, Konferenz am Forschungszentrum Historische Geisteswissenschaft (Frankfurt am Main: Goethe-Universität, 25-26 mai 2017).
  14. Della Porta, Donatella, Clandestine Political Violence (Cambridge : Cambridge University Press, 2013). Dans cet ouvrage, l’auteur traite aussi la question en lien avec, notamment, le nationalisme palestinien et l’islam politique.
  15. Hajjat, Abdellali, « Les comités Palestine (1970-1972). Aux origines du soutien de la cause palestinienne en France », in : Revue d’études palestiniennes (Editions de Minuit, vol. hiver, n°98, 2006) : 74.
  16. Hecker, Marc, Intifada Française ? De l’Importation du Conflit Israélo-Palestinien (Paris: Ellipses, 2012).
  17. La thèse est en préparation depuis 2014, sous la direction de Marc Lazar. Pour rappel, les années 1967 et 1987 correspondent respectivement à la troisième guerre israélo-arabe (ou guerre des Six jours) et à l’éclatement de la première Intifada (ou guerre des pierres).
  18. De Waele, Maria, ‘Een verwaarloosd aspect van de Belgische buitenlandse politiek, 1914-1918’, in : Belgisch tijdschrift voor nieuwste geschiedenis (1976: VII): 83-111 ; De Beul, Frans, « La Belgique et la Palestine durant la première guerre mondiale : une analyse diplomatique », in : Khader, Bichara & Roosens, Claude (Dirs.), La Belgique et le monde arabe (Louvain-la-Neuve : Academia, 1990) : 41-61 ; Aubert, Roger, « Les démarches du cardinal Mercier en vue de l’octroi à la Belgique d’un mandat sur la Palestine », in : Académie Royale de Belgique. Classe des Lettres et des Sciences Morales et Politiques et de la Classe des Beaux-Arts. Bulletin, 5e série, vol. 65 (Bruxelles, 1979) : 166-228.
  19. De Raeymaeker, Omer, België en de Israëlisch-Arabische Conflicten 1948-1978 (Leuven University Press, 1979).
  20. Ex. Herremans, Brigitte, ‘Belgium and the Israeli-Palestinian Conflict. The Cautious Pursuit of a Just Peace’, in: Studia Diplomatica (2013: LXVI-4): 77-94. Notons que l’auteure de cette étude publiée par l’Institut Egmont est une activiste au sein de Broederlijk Delen et de Pax Christi Vlaanderen. Elle a notamment publié un ouvrage avec Ludo Abicht, philosophe et professeur invité à l’Université d’Anvers, lui-aussi défendeur de la cause palestinienne : Israël & Palestina, De kaarten op tafel (Kapellen : Uitgeverij Pelckmans, 2016).
  21. Khader, Bicharah, op. cit. ; Idem, L’Europe et la Palestine : des croisades à nos jours (Paris : L’Harmattan, « Comprendre le Moyen-Orient », 1999) ; Idem & Roosens, Claude, Belges et Arabes: voisins distants, partenaires nécessaires (Louvain-la-Neuve : Presses Universitaires de Louvain, 2004).
  22. Berny, Catherine, La Terre trop promise: Belgique-Israël, 1947-1950 (Ciaco, 1988).
  23. Demoulin, Michel, « Opinion publique et politique extérieure en Belgique depuis 1945 », in : Publications de l’École française de Rome (1985 : 54) : 27.
  24. Cf. Chauvier, Jean-Marie, « “Gauchisme” et nouvelle gauche en Belgique (II) », Courrier hebdomadaire du CRISP (n° 602-603,1973/16) : 8 ; concernant la fin du CNP, voir le Fonds Van Den Berg, « Documentation d’extrême-gauche », au Centre d’Études et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines (CEGESOMA).
  25. Deom, Jacques, et al., Les Juifs en Belgique, Guide bibliographique (Bruxelles, 2007) ; Schreiber, Jean-Philippe, ‘Joodse Gemeenten, instellingen en organisaties’, in: Van den Eeckhout, Patricia & Vanthemsche, Guy, Bronnen voor de studie van het hedendaagse België, 19de en 20ste eeuw (Bruxelles, 2003) : 1029-1048 ; Schreiber, Jean-Philippe, Dictionnaire biographique des Juifs de Belgique. Figures du judaïsme belge. XIXe-XXe siècles (Bruxelles, 2002) ; etc.
  26. Sägesser, Caroline, « Les structures du monde juif en Belgique », in : Courrier hebdomadaire du CRISP (n°1615, 1998/30) : 9.
  27. Achcar, Gilbert (Ed.), Le dilemme israélien : Un débat entre Juifs de gauche. Lettres de Marcel Liebman et Ralph Miliband (Lausanne : Éditions Page deux / Fondation Marcel Liebman, Collection « Cahiers libres », 2006)
  28. La mobilisation des étudiants étrangers en Europe occidentale, dès les années 1960, a déjà été soulignée. Cf. Slobodian, Quinn, Foreign Front: Third World Politics in Sixties West Germany (Duke University Press, 2012). Pour une histoire de la diaspora palestinienne, plus particulièrement, on peut s’inspirer des divers travaux en RI de Cecilia Baeza, et notamment des outils qu’elle propose pour interpréter la question de la mobilité.
  29. Voir par ex. Dot-Pouillard, Nicolas, « De Pékin à Téhéran, en regardant vers Jérusalem: la singulière conversion à l’islamisme des “Maos du Fatah” », in : Cahier de l’Institut Religioscope (Fribourg, 2008) en ligne
  30. En Belgique, plusieurs initiatives récentes constituent une inspiration sur les questions de mobilité et de transnationalité. Notons les activités du groupe de contact du F.R.S.-FNRS « Belgique et mondes contemporains », fondé en 2009, sur les relations internationales de la Belgique et les échanges culturels dans l’Europe du Nord-Ouest ; La septièrme journée du groupe de contact, le 9 décembre 2016, interrogeait spécifiquement les Mobilisations et acteurs sociaux transnationaux : nouveaux horizons de la recherche. En outre, des chercheurs tels qu’Idesbald Goddeeris et Kim Christiaens ont beaucoup contribué à ces champs, s’interrogeant notamment sur la nature des rapports Ouest-Est et Nord-Sud. En particulier, ce dernier travaille sur des mouvements belges de solidarité avec des causes étrangères. Dans ses travaux, la question des connections matérielles et interpersonnelles – par opposition à une forme de connectivité mentale, imaginée – retrouve son importance. Voir par ex. Christiaens, Kim, Orchestrating Solidarity. Third World Agency, Transnational Networks & The Belgian Mobilization for Vietnam and Latin America 1960s-1980s, Thèse doctorale en histoire sous la direction de Goddeeris, Idesbald (Louvain: KULeuven, 2013).
  31. Schreiber, Jean-Philippe, Dictionnaire… op. cit. : 198.
  32. Voir les archives de la Fédération générale du travail de Belgique / Algemeen Belgisch Vakverbond (FGTB/ABVV) à l’Amsab-Instituut voor Sociale Geschiedenis (Amsab-ISG) à Gand.
  33. Cf. Comité belge pour une paix négociée entre Israël et les pays arabes, La paix difficile : Israël à la recherche d’un dialogue (Bruxelles : Secrétariat du Comité, c.1971).
  34. Des années 1950 à aujourd’hui, on peut trouver plusieurs illustrations de ce phénomène : le prestige en déclin du séjour en kibboutz dès la fin des années 1960, la politisation des pèlerinages en Terre sainte pour les Chrétiens de gauche dès les années 1970, les missions humanitaires au Machrek, les brigades de travail de la LAI belge en Cisjordanie dans les années 1980, la promotion de la culture palestinienne en Belgique ou encore certaines formes d’activisme économique (le boycott soutenu par les milieux de la coopération). Chacun de ces sous-thèmes constitue un chantier de recherche potentiel.
  35. Traverso, Enzo, Mélancolie de gauche : la force d’une tradition cachée (XIXe-XXIe siècle) (Paris : La Découverte, 2016).
  36. Bourdon, Jérôme, « Le conflit israélo-palestinien rend-il aveugle ? », Le Monde.fr, 28 avril 2010 en ligne