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La numérisation des plaques de lanterne magique de la Cinémathèque royale de Belgique - CINEMATEK1

Dr. Evelien Jonckheere, Universiteit Antwerpen & Bart G. Moens, Université libre de Bruxelles

B-magic : la recherche sur les plaques de lanterne magique en Belgique

En janvier 2021, le projet de recherche interuniversitaire EOS B-magic a initié une campagne de numérisation d’environ un millier de plaques provenant de la collection de la Cinémathèque royale de Belgique - CINEMATEK. Ces plaques de lanterne magique sont des images sur verre, peintes à la main, imprimées ou photographiées qui, à partir de la fin du 17e siècle, étaient projetées sur un écran au moyen d’un appareil. Cet appareil était appelé « lanterne magique » dans le cadre de spectacles de divertissement tandis que pour la projection à des fins éducatives et de propagande, il était plutôt appelé « lanterne de projection ». Les plaques de lanterne magique étaient trop souvent cataloguées sous la rubrique désormais obsolète de « pré-cinéma », car les plaques munies de cadres en bois généraient souvent des images en mouvement à l’aide de mécanismes.

Chromatrope, 15 x 7,8 cm (Collection de la Cinémathèque royale de Belgique - CINEMATEK).

Néanmoins, les plus grandes collections de plaques datent d’après l’essor du cinématographe, lorsque la lanterne optique, avec ses plaques photographiques d’environ 8,3 par 8,3 cm ou 8,5 par 10 cm, fascinait également dans les écoles, les universités et la vie associative. Aujourd’hui, le caractère unique de ce support est reconnu.

Plaque de lanterne photographique, 8,3 x 8,3 cm (Collection de la Cinémathèque royale de Belgique - CINEMATEK).

En tant que « vidéoprojecteur » avant la lettre, la lanterne est devenue un puissant média de masse pour diffuser des images et des messages dans le contexte de l’éducation, de la religion, de la politique, de la science et de l’art.

Plaque pour lanterne jouet, Gebrüder Bing, 6 x 20 cm (Collection de la Cinémathèque royale de Belgique - CINEMATEK).

La numérisation de la collection de plaques de la cinémathèque a fourni à B-magic un cas de numérisation particulièrement intéressant, car l’ensemble de la collection constitue un bel assortiment de presque tous les types de plaques possibles : différents formats, modes de reproduction des images et mécanismes. La collection comprend des plaques photographiques sur verre et des plaques pour lanterne jouet provenant de producteurs commerciaux , des plaques mécaniques telles que des chromatropes ainsi que des plaques uniques de grand format, avec des cadres en bois et faites à la main par des projectionnistes itinérants.

Plaque faite à la main, 21,7 x 16,7 cm (Collection de la Cinémathèque royale de Belgique - CINEMATEK).

Cette collection de plaques a été constituée principalement dans les années 1960 et 1970, dans une optique pédagogique, par le fondateur et premier conservateur du musée du Cinéma (1962), Jacques Ledoux (1921-1988). La collection de la Cinémathèque royale de Belgique - CINEMATEK, une fondation d’utilité publique s’adressant aux deux communautés, offre aujourd’hui une belle vue d’ensemble de l’usage de la lanterne magique à travers les âges, avec ses différentes images et techniques.

À côté de la numérisation de sa collection de films de renommée mondiale, avec ce projet, la Cinémathèque royale de Belgique - CINEMATEK fait un pas de plus vers le numérique. Étant donné que la plupart des plaques ont plus de cent ans et qu’elles appartiennent au domaine public, elles seront à l’avenir mises à disposition de tous sous leur format numérique. Bien que les images numérisées des plaques ne représentent qu’une fraction de la pratique de projection à laquelle les plaques participaient autrefois, la numérisation offre la possibilité de ramener ce médium riche, mais souvent oublié, qu’est la lanterne magique, à l’attention des scientifiques et du grand public.

La campagne de numérisation

Le processus de numérisation des plaques de lanterne magique est étroitement lié à celui de la numérisation des plaques de verre photographiques (généralement des négatifs), bien que les plaques de lanterne nécessitent une approche spécifique. Les négatifs et les positifs sur verre sont généralement numérisés en utilisant uniquement un rétroéclairage. Cela donne la priorité au contenu de l’image par rapport à l’objet2, qui, dans le cas des plaques de lanterne, contient généralement des informations importantes : étiquettes du fabricant, inscriptions, numéros, et cetera. Ces éléments donnent une indication du processus de production et d’utilisation des plaques et sont d’autant plus importantes que les archives manquent généralement de documentation à ce sujet. En utilisant la combinaison de l’éclairage latéral et du rétroéclairage, le contenu de l’image ainsi que les propriétés matérielles et techniques des parties non transparentes sont reproduites numériquement. Dans certains cas, les plaques ont également été photographiées plusieurs fois et/ou de plusieurs côtés, afin d’enregistrer au mieux la plaque dans son intégralité, en dépeignant notamment les aspects mécaniques et l’illusion de mouvement.

Pour la numérisation des plaques, nous avons utilisé la configuration suivante : un appareil photo placé verticalement depuis un trépied3. En raison de la diversité de la collection et de la grande variété de tailles et de formats des plaques4, cette configuration offrait la flexibilité nécessaire pour ajuster la hauteur de l’appareil afin d’utiliser de manière optimale son capteur. Les points d’attention importants pendant la prise de vue étaient de fournir un éclairage uniforme et une température de couleur (5000 kelvins) équivalente pour chaque source de lumière. En appliquant les principes de gestion des couleurs lors de la prise de vue et lors du traitement des images, les couleurs des images transparentes et celles des cadres ont pu être enregistrées aussi correctement que possible. Pour vérifier cela, une charte de référence (valeur de gris de 60%) a été photographiée au début de chaque séquence. Pour éviter le flou de mouvement, l’appareil photo était également commandé à distance par ordinateur. Cette méthode présente l’avantage de pouvoir évaluer immédiatement l’image sur un écran d’ordinateur et a permis de doter les fichiers de métadonnées essentielles telles que le numéro d’inventaire, le propriétaire de la collection et la documentation relative aux droits. Au cours du post-traitement, le fichier RAW généré par l’appareil photo a finalement été converti en un format numérique durable : un fichier TIFF 6.0, appelé le « preservation master »5. Ces fichiers ont ensuite été stockés en ligne et sur un disque dur externe afin de préserver la collection numérique face à l’épreuve du temps.

Avec cette approche, nous avons visé une numérisation de haute qualité qui répond aux exigences pour une reproduction correcte et une durabilité numérique. Pour ce faire, nous avons consulté les prescriptions relatives à la numérisation du patrimoine culturel en Flandre, les normes Metamorfoze néerlandaises et les recommandations du Nationaal Archief. Les directives internationales FADGI ont également aidé au choix des techniques et des équipements pour la numérisation.

Conclusion

En tant que médium hétérogène et ouvert6, lié à la peinture, à l’imprimerie, à la photographie et au cinéma, il est étonnant que les plaques de verre ne soient pas couramment évoquées dans ces guides pour la numérisation utilisés au niveau international. Pourtant, les plaques sont présentes en quantité non négligeable dans de nombreuses collections7. L’initiative de la numérisation des plaques de lanterne magique a été mise en place par les précurseurs du projet B-magic, entre autres par l’Université d’Utrecht. Aujourd’hui, de grandes quantités de plaques sont progressivement numérisées, entre autres par des bibliothèques universitaires telles que la KU Leuven et par la base de données en ligne LUCERNA - the Magic Lantern Web Resource qui est spécifiquement dédiée au patrimoine de la lanterne magique.

Par cette contribution, nous souhaitons souligner à nouveau que la numérisation des plaques de lanterne ne se limite pas à la génération d’un fichier numérique qui rend le contenu de l’image aussi accessible que possible. Elle suppose un processus d’éclairage et de travail adapté à la matérialité spécifique de la plaque (mécanique, photographique, peinte à la main, munie de différents types de cadres, et cetera). Néanmoins, les possibilités d’enregistrement numérique offrent une grande valeur ajoutée. Cela rend les collections accessibles numériquement, cela permet de zoomer sur les détails et cela offre la possibilité de simuler l’illusion du mouvement. De cette manière, la plaque de lanterne magique entre dans l’ère numérique du 21e siècle.

- Evelien Jonckheere & Bart G. Moens

Webreferenties

  1. B-magic: https://www.uantwerpen.be/en/projects/b-magic/
  2. Cinémathèque royale de Belgique - CINEMATEK: https://cinematek.be/
  3. numérisation du patrimoine culturel en Flandre: https://www.projectcest.be/wiki/Richtlijn:Fotocollectie_digitaliseren
  4. normes Metamorfoze néerlandaises: https://www.metamorfoze.nl/sites/default/files/publicatie_documenten/Richtlijnen_Preservation_Imaging_Metamorfoze_1.0.pdf
  5. Nationaal Archief: https://www.nationaalarchief.nl/sites/default/files/field-file/guidelines_digitisation_photographic_materials.pdf
  6. FADGI: http://www.digitizationguidelines.gov/guidelines/FADGI_Still_Image-Tech_Guidelines_2010-08-24.pdf
  7. Université d’Utrecht: https://a-million-pictures.wp.hum.uu.nl/recommendations-digitisation/
  8. LUCERNA - the Magic Lantern Web Resource: http://lucerna.exeter.ac.uk/

Références

  1. Les auteurs tiennent à remercier Hilde Delabie de la Cinémathèque royale de Belgique - CINEMATEK pour son dévouement sans faille à la collection de plaques de lanterne magique, ainsi que Hilke Arijs (experte en numérisation du patrimoine photographique, Erfgoedcel Pajotteland en Zennevallei) pour les conseils qu’elle a prodigués dans le cadre de ce projet. Nous tenons également à remercier notre collègue dans le projet EOS B-magic, Adeline Werry (Université catholique de Louvain), pour la révision de la version en français de cet article.
  2. Arijs, Hilke, « Documentaire foto’s en digitalisatie: een blik op wat ooit onzichtbaar was », dans : Buyle, Marjan (éd.), Het onzichtbare restaureren (Bruxelles : Onroerend Erfgoed, 2012), 111-121.
  3. Un appareil photo numérique Sony α 7 (35 mm full frame) équipé d’un objectif macro Sony FE 50 mm f/2.8 a été utilisé.
  4. La taille des plaques de la Cinémathèque royale de Belgique - CINEMATEK varie entre 8 et 47 cm et on trouve des formats rectangulaires, carrés et ronds.
  5. Pour le développement des fichiers RAW, nous avons utilisé Lightroom Classic 64 bit.
  6. Kember, Joe, « The magic lantern: open medium », Early Popular Visual Culture, 17:1 (2019), 1-8.
  7. Dans le cadre du projet EOS B-magic (cliquez droit pour le lien), de nombreuses collections de plaques ont été consultées dans des archives, des musées, des écoles et des instituts de recherche belges. Une enquête récente menée par meemoo (cliquez droit pour le lien) a révélé que 69,5% des collections photographiques en Flandre contiennent des plaques de verre, y compris des plaques de lanterne magique.